Pourquoi j’ai décidé de cheminer vers le pardon

violence

Pardonner est un acte d’amour à soi-même

Aussi étonnant que cela puisse paraître, si j’ai décidé de cheminer vers le pardon vis-à-vis de mon prédateur, ce n’est pas pour lui.

Non, je l’ai fait pour moi, juste pour moi.

Pardonner a été l’ultime acte d’amour à moi-même.

Mais je te vois déjà venir avec ta question: « Mais pourquoi diable vouloir cheminer vers le pardon après avoir enduré la violence, le harcèlement moral, la perversion… en bref, l’enfer ? »

A vrai dire, pour moi, le pardon a été le moyen de cesser de m’autodétruire. Car oui, en réalité, ce n’était pas mon prédateur qui me détruisait le plus, c’était moi.

Moi qui ressassais des pensées bouillonnantes jour et nuit, moi qui échafaudais mille plans de vengeance, moi qui étais traversée par des émotions ravageuses.

En fait, c’était ma réaction à sa violence qui me détruisait plus que ce qu’il m’avait fait endurer.

Le pardon pour reprendre le pouvoir sur sa vie

Le jour même où j’ai pu comprendre cela, je me suis mise à reprendre le pouvoir sur ma vie.

Car si c’était moi qui me détruisais le plus, alors, d’une manière ou d’une autre, je pouvais actionner des manettes intérieures pour transformer mon calvaire quotidien peuplé de rage et de colère en quelque chose de plus doux.

Ce jour là, j’ai repris le pouvoir que j’avais donné à mon oppresseur.

Ce jour là, je suis passée de victime à actrice.

Ce jour là, l’enfer touchait à sa fin.

Sauf que concrètement, pardonner, c’est pas facile.

Comment pardonner ?

Et paradoxalement, le plus court chemin pour y arriver, c’est de se donner dans un premier temps l’autorisation d’être traversée par cette marée d’émotions noires: la haine, la rage, la colère, le sentiment d’injustice.

Sauf qu’ici, plutôt que de se mélanger à ces émotions pour se fondre en elles, on les accueille dans la conscience. On n’est pas la rage ni la colère mais cet observateur bienveillant qui accueille dans la conscience les émotions.

Pas toujours facile à faire. Mais plus on s’exerce, plus cela devient évident.

Et le corps est notre meilleur allié pour ne pas finir happé par nos émotions. Lorsque la rage fait irruption, on scanne tranquillement le cou, les épaules, la gorge, le torse. Comment notre corps réagit-il face à l’émotion? Et tant que nous observons le corps, alors, l’émotion ne peut pas nous submerger. Elle nous traverse, mais elle ne nous happe plus.

Ensuite, se rappeler que tout a un sens, même le plus redoutables des pervers narcissiques.

Plus précisément: es-tu la même personne depuis cette épreuve? En quoi celle-ci t’a permis de te renforcer?

Pour ma part, mon prédateur m’a appris -certes dans la douleur- énormément de choses. Et la plus précieuses de ces choses, c’est que je suis sacrée et que je mérite le plus grand des respects. C’est marrant, mais je n’en avais pas conscience avant cette épreuve. Malheureusement, on a parfois besoin que la vie nous colle une bonne droite en pleine face pour comprendre les choses.

Et puis l’autre chose qui m’a bien aidée, c’est de me mettre à la place de mon prédateur. En fait, suis-je absolument sure que j’aurai agi différemment de lui si j’avais eu son éducation, son système de croyances, ses expériences traumatisantes ? Et j’avoue que je suis bien obligée de répondre que je ne sais pas. Peut être qu’à sa place, j’aurai fait pareil, peut être que non. En fait, je ne peux pas savoir. Personne ne peut savoir.

Enfin, en toute dernière étape, je me suis mise à poser des actions concrètes pour transformer mon destin.

L’idée, c’est que lorsqu’on est traversé par la rage/la colère et un sentiment d’injustice, c’est qu’il y a sûrement quelques actions à poser pour renverser la vapeur. Au final, j’ai constaté que la plupart du temps, quand je suis ravagée par les émotions sombres, c’est que j’attends quelque chose de la part de mon interlocuteur / du destin / de Dieu. J’attends que quelqu’un ou quelque chose d’extérieur à moi-même m’extirpe de ma situation.

Sauf que tant que je remets mon pouvoir à autre chose qu’à moi-même, la véritable paix reste hors de ma portée.

Comme le dit si joliment Isabelle Padovani, face à une difficulté, il n’y a au final que 3 questions à se poser:

  • « Qu’est ce qui est ? » (souvent une situation abominable)
  • « Qu’est ce que je veux ? » (par exemple faire rentrer le respect, la gentillesse et la bienveillance dans ma vie)
  • « Qu’est ce que je fais ? » (dans mon exemple: je pose les actions qu’il faut pour faire entrer la bienveillance dans ma vie plutôt que de remettre mon pouvoir à mon interlocuteur en attendant passivement qu’il devienne soudainement doux et bienveillant).

Et la plupart du temps, ces actions que je pose dans le but d’atteindre « ce que je veux » sont un immense service rendu à mon prédateur.

Car très souvent, ces actions posées dans la conscience permettent de mettre un terme à son fantasme de toute puissance.

Par une curieuse ironie, je lui offre alors le cadeau que lui-même m’a offert : l’occasion de grandir et d’évoluer dans la douleur. Un cadeau à double détente qui me libère moi et qui invite mon prédateur à se transformer.

Au fil des jours et de semaines, alors que j’appliquais cette nouvelle philosophie, j’ai pu peu à peu me détendre.

Les pensées obsessionnelles se sont espacées, et les émotions bouillonnantes se sont apaisées.

Évidemment, il m’arrive encore aujourd’hui d’être traversée parfois par la colère, parfois par la peur, car le pardon est plus un cheminement à emprunter, un choix qu’on réitère encore et encore pour sa propre sérénité intérieure, qu’un but ultime qu’on atteint une bonne fois pour toute. Mais désormais, je sais que les émotions noires ne font que me traverser et je sais qu’elles connaissent dorénavant le chemin de sortie.

Si tu veux lâcher prise pour accélérer le processus du pardon, c’est par ici.

Tu peux également découvrir toute mon offre en cliquant ici.

Rejoins le mouvement !

Inscris-toi à la Lettre d'Information et reçois un programme vidéo gratuit sur 4 jours pour cheminer vers la guérison et la liberté

envelope

8 commentaires sur “8”

    1. C’est un commentaire très intéressant. Oui, en fait, ne pas (ou plutôt ne plus) haïr est déjà un immense cadeau qu’on se fait à soi-même. Car la haine crée un attachement, un lien énergétique qui nous lie à cette personnalité toxique. Ne plus haïr, c’est quelque part couper ce lien d’attachement, et c’est faire un pas de plus vers la liberté.

  1. J’ai pardonné car depuis je suis libre, mais il reste des pensées, des angoisses face à l’inconnu… Un univers s’était construit tout autour, j’ai perdu mes repères… C’est difficile de recommencer en laissant derrière soi tout ça sans que quelqu’un nous le rappelle…

    1. Effectivement, le chemin vers la guérison et la reconstruction n’est pas facile et semé de beaucoup d’embûches. Je vous souhaite beaucoup beaucoup de courage et n’hésitez pas à faire un tour sur mon blog, ma page Facebook et ma chaîne youtube où je tente de donner le maximum de courage et de réconfort à toutes les victimes de pervers narcissiques.
      Bien à vous 🙂

  2. C est pas évident !
    Votre citation : »Sauf que tant que je remets mon pouvoir à autre chose qu’à moi-même, la véritable paix reste hors de ma portée. »
    Ce n’est est pas un peu contradictoire avec le lâcher-prise? Bigard, dans votre exemple il a dû accepté qu il ne serait peut être jamais pris et donc quelque part baisser les armes et s en remettre à d autres…

    1. Merci Fleur pour ce commentaire très intéressant. C’est vrai que ça paraît contradictoire comme ça.
      Mais en fait, je dirai que c’est un processus en 2 étapes.
      Souvent, au départ, on se déresponsabilise, on se pose en victime, on accuse les autres, Dieu, le destin, d’être responsable de notre sort.
      Lorsqu’on parvient à s’extraire de cette étape de la « victimisation », souvent, on commet une nouvelle erreur et cette erreur consiste à pédaler tellement fort dans la direction souhaité que toutes les portes restent fermées.
      On s’est certes extrait du rôle de la victime, mais on n’a pas encore trouvé la posture idéale permettant aux portes de s’ouvrir à nous.
      L’étape finale, c’est d’apprendre à agir de manière responsable, tout en lâchant prise lorsque ce que l’on veut nous résiste.
      On n’est donc plus une victime, on prend les choses en main, mais on accepte également que le chemin qu’on a voulu emprunter n’est pas forcément le bon lorsqu’on se met à pédaler trop fort dans une direction, sans aucun résultat (ou même avec des résultats négatifs).
      Cette seconde étape qui consiste à agir de manière responsable tout en lâchant prise sur tout ce qui nous échappe est pour moi une étape extrêmement délicate.

  3. Bonjour,
    Dans mon cas, je ne ressens pas le besoin de pardonner à mon mari qui m’a malmené pendant plus de 30 ans, mais je pense devoir me pardonner à moi même car je rejette toute la faute sur moi. Je me dis que c’est ma faute d’être restée avec cet homme et je ressens une grande colère vis à vis de moi même de m’être fait avoir ainsi et d’avoir perdu … les plus belles années de ma vie….
    Lui, il est ce qu’il est, et il ne sait même pas la vérité concernant sa personnalité.
    Je m’en veux d’avoir accepté d’être sa serpillère toutes ces années et devant mes enfants …
    C’est à moi que je dois pardonner, et je n’en suis pas encore là, et ça fait mal …. 🙁

    1. Bonjour Oumama,
      merci pour ce commentaire.
      Vous avez bien raison, souvent, on s’en veut immensément d’avoir plongé dans une telle relation. Je vous recommande ma vidéo YouTube sur les 5 étapes du deuil car cela semble coïncider avec votre situation. N’hésitez pas à vous informer également sur ma formation intensive « reconstruction » qui permet aux victimes d’emprunter le chemin de la guérison après l’enfer qu’elles ont traversé.
      Bien à vous

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *