L’arbre de la violence contre l’aliénation de nos enfants

alienation parentale

Je te partage ici un extrait de mon ouvrage « Plus Vivante ». Dans cet extrait, je te détaille une technique de Gandhi que j’ai détournée pour lutter contre l’aliénation de mes enfants et pour briser le cycle de la violence à l’oeuvre.

« Au détour d’une préface, je découvre une technique inventée par Gandhi pour permettre à son neveu de prendre conscience de sa propre violence. Jour après jour, il l’invitait à recenser sur un mur toutes les violences qu’il avait pu commettre, qu’il s’agisse de violence verbale, émotionnelle ou physique. Lorsque je lis le paragraphe, je suis émerveillée. Quelle idée géniale de Gandhi ! Je pense qu’avant de pouvoir espérer se transformer, il faut être capable de regarder droit dans les yeux ses propres zones d’ombre. Par ailleurs, plus loin nous serons allés à la rencontre de nous-mêmes, en plongeant avec lucidité dans nos propres ténèbres, et mieux nous serons en mesure d’entrer à la rencontre de l’autre. Tout part de soi. Et notre relation aux autres n’est que le reflet de notre relation à nous-mêmes. Plus notre relation à nous-mêmes sera authentique, plus profonde et riche sera notre relation à l’autre.

Je pars à la recherche d’un grand tableau en liège puis découpe trois encarts en papier que je fixe en haut du tableau : violence physique / violence verbale / violence émotionnelle. Sous chaque encart, je fixe des plus petits rectangles : coups de pied, gifle, griffure, morsure, jet d’objets dans violence physique. Gros mots et hurlements dans violence verbale. Culpabilisation, chantage, prises en otage, mensonges, mauvaise foi dans violence émotionnelle. Je prépare ensuite 3 blocs de postit, avec une couleur spécifique pour chaque bloc.

Lorsque les enfants pénètrent dans l’appartement le vendredi soir, ils découvrent le grand tableau en liège trônant au milieu du salon. Je leur explique les règles du jeu : nous allons tous les jours faire un scan approfondi de notre violence, sans nous juger, et nous mettrons les postits qui vont bien dans chaque petit rectangle. Théophile aura la couleur jaune, Romane la rose et moi la bleue. Je leur précise ensuite que si nous voulons être moins violents les uns envers les autres, il est nécessaire que nous soyons chacun dans la conscience de nous-mêmes et de notre propre violence. Sans conscience, aucune transformation profonde et véritable n’est possible. Par ailleurs, plus les enfants seront capables d’identifier leur propre violence, plus ils seront en mesure de déceler la violence à l’œuvre au sein de ma belle-famille. Car nous ne sommes capables de rencontrer l’autre qu’à hauteur de ce que nous nous sommes rencontrés nous-mêmes. Tant que mes enfants ne se seront pas rencontrés eux-mêmes, ils pourront être en proie à l’aveuglement et fonctionneront au travers de projections identificatives. Au final, la meilleure arme contre l’aliénation, c’est l’éveil et l’éducation de nos enfants, sans jugement ni émotionnalité. Leur montrer chaque jour de manière ludique et apaisée ce qui relève de la violence pour qu’ils soient ensuite capables de l’identifier chez un tiers sans que nous ayons besoin d’intervenir.

Dès le départ, les enfants sont très réceptifs à mon « arbre de la violence ». Ils me font le décompte détaillé de toute la violence administrée aux copains pendant la cour de récré et après. Je colle les postits consciencieusement, sans émettre le moindre jugement. Lorsqu’on passe à la violence émotionnelle, Théophile me pose des questions. Il veut comprendre. Qu’est-ce que le chantage ? Qu’est-ce que la prise en otage ? J’explique à Théophile, en donnant différents exemples très concrets. Je conclus en expliquant que toute forme de violence émotionnelle constitue une entrave importante à la liberté de l’autre et que, en ce sens, ce n’est pas de l’amour. Les enfants me regardent intensément.

Cet arbre de la violence est juste magique ! Il me permet d’exprimer mes convictions aux enfants de manière ludique et détachée, tout en ayant un beau moment de partage thérapeutique avant leur coucher. Je ne sais pas si tous ces efforts vont porter leurs fruits, je ne sais pas si je vais parvenir à extraire mes enfants de l’influence toxique de ma belle-famille, je ne sais pas si je vais permettre à l’aliénation de ne plus avoir lieu, mais je sais que je me sens bien, à ma place, droit dans mes bottes, et je sens que ce moment partagé avec eux est un moment important. »

Si tu fais face à l’aliénation de ton enfant, je t’invite à :

2 commentaires sur “2”

  1. J’aimerais bien savoir. Je suis éducatrice a la petite enfance.
    Je me fais griffée, mordre et frapper .pourtant je suis ferme dans mes directives.
    Il a des jours wow merveilleux mais ca ne va pas tous les jours.je me dit c’est normal. Les mauvais jour sont trop nombreux dans la semaine.
    Je suis une personne positive envers eux et affectueuse.
    Je leur explique bien clairement.

    1. Bonjour Lynda, merci pour ton commentaire. Cette technique de « l’arbre de la violence » nécessite que l’enfant soit capable de prendre conscience de sa propre violence. Elle n’est donc pas adaptée pour des tous petits. Mais je pense qu’à partir de 6-7 ans, cet exercice peut être très utile, non pas pour stopper la violence, mais pour aider les enfants à prendre du recul sur leurs propres comportements violents. Ce n’est qu’à partir de là qu’ils pourront évoluer -s’ils le décident- vers moins de violence.

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