Comment devient-on pervers narcissique ?

pervers narcissique

Introduction

Nous allons voir dans cet article quels sont les facteurs qui vont permettre à un individu de devenir pervers.  Dit autrement, nous allons explorer la genèse de la perversion narcissique.

Cet article a une double vocation :

  • La première, c’est qu’il va permettre à ceux qui interagissent avec des pervers narcissiques de comprendre comment ils ont pu plonger dans un tel mode de fonctionnement.
  • La seconde, c’est qu’il va donner de très précieuses clés aux parents sains, afin de leur transmettre les trois éléments de vigilance fondamentaux pour que leur enfant ne sombre pas dans la perversion.

De mon expérience, deux voies peuvent mener un individu à la perversion :

  • Les mauvais traitements dans l’enfance
  • La création d’un lien pervers avec un parent pervers

Dans cette analyse, nous allons nous focaliser sur la façon dont un lien pervers va se tisser entre l’enfant et son parent toxique.

1-     La fusion

La première caractéristique du lien toxique entre l’enfant et le parent pervers, c’est qu’il s’agit d’un lien hautement fusionnel.

Or, la fusion, c’est le déni des frontières de l’enfant, qu’il s’agisse :

  • Des frontières psychologiques :  ici l’enfant n’a plus la possibilité de se poser en sujet. Car le parent pervers narcissique va lui imposer sa pensée unique, truffée de médisance et de jugements. L’enfant est sommé de rester fusionné avec son parent, et toute tentative de se positionner en tant que sujet qui réfléchit par lui-même et qui pense différemment se soldera par une punition directe ou indirecte (culpabilisation, racket affectif, intimidation etc.) Ce déni des frontières psychologiques de l’enfant conduira à une cannibalisation pure et simple de l’esprit de l’enfant et à l’issue de laquelle l’enfant et son parent pervers finiront par devenir la même entité psychiatrique.
  • Des frontières générationnelles : ici, le parent toxique pourra s’épancher sur sa vie privée auprès de son enfant, comme s’il était qu’un simple ami, brouillant ainsi les frontières générationnelles. Sur cette thématique, on aura également des parents pervers entretenant une relation à connotation sensuelle avec leur enfant (on verra ce point juste après d’ailleurs)
  • Des frontières physiques de l’enfant : ici, le parent pervers pourra par exemple lire le journal intime de son enfant, consulter secrètement ses emails et ses correspondances, fouiller dans ses affaires. Et ça pourra continuer adulte, avec un parent pervers qui contrôlera les comptes bancaires de son enfant.

Alors ce qui est intéressant de constater, c’est que le parent pervers narcissique utilisera souvent les sacrifices consentis comme des leviers de soumission.

Il imposera un troc nauséabond à son enfant qui pourrait se résumer en ces quelques mots : « je vais me sacrifier pour toi, faire tourner ma vie autour de toi, mais en échange, je t’interdis de te poser en sujet »

Sauf que l’enfant n’a jamais exigé un quelconque sacrifice de son parent !

Si le parent pervers a choisi de sacrifier des pans de sa vie pour son enfant, c’est sa seule responsabilité, et il n’a pas à l’utiliser comme levier de soumission et de contrôle sur son enfant !

Malheureusement, l’enfant seul est incapable de tenir une telle réflexion qui lui permettrait pourtant de s’extraire de l’emprise psychologique de son parent.

2-     L’érotisation

La seconde caractéristique du lien toxique entre l’enfant et son parent pervers, c’est l’érotisation. Ici, le parent pervers narcissique pourra se livrer à de véritables scènes de séduction : une maman perverse pourra par exemple aguicher son enfant, lui demander s’il la trouve belle et séduisante, un papa pourra administrer des caresse à connotation érotique à sa petite fille, une maman pourra faire « joujou » avec le sexe de son enfant pendant les soins etc.

Un tel climat relève de l’incestuel. Ce n’est pas forcément de l’inceste à proprement parler mais on flirte avec les limites de l’inceste.

En fait, avec un parent pervers, il n’y a pas de frontière marquée concernant la sexualité. Cette situation imprégnée d’incestuel se traduit souvent par des enfants qui ne font pas leur complexe d’Œdipe.

Car comme le souligne Jean-Charles Bouchoux, l’enfant n’a plus rien à fantasmer, le parent pervers lui offrant déjà sur un plateau l’objet de son fantasme. Paul-Claude Racamier, inventeur du concept de pervers narcissique, parle même « d’anti-œdipe »

Je vais citer Jean-Charles Bouchoux sur ce sujet : « Si le complexe d’Œdipe est un fantasme destiné à le rester puis à être refoulé, l’incestualité s’inscrit dans le réel et empêche le fantasme de s’élaborer. En effet on ne peut fantasmer que ce qui est inaccessible. »

Or, Freud avait démontré que toute personne ayant traversé le complexe d’Œdipe (c’est à dire toute personne ayant accédé au complexe d’Œdipe, et ayant renoncé à ce fantasme pour se structurer et s’intégrer au monde) avait un développement sain et qu’au contraire, toute personne n’ayant pas du tout abordé le complexe d’œdipe devenait psychotique.

Et je vais également citer Hélène Vecchiali qui a écrit « Deux circonstances nuisent au bon développement du pervers dès sa naissance : la complicité libidinale de la mère (une mère qui s’approprie son enfant comme un doudou sensuel) et la complaisance du père (un père qui fait semblant de ne rien voir) »

3-     La toute puissance

Le troisième facteur qui permet à la perversion de se transmettre d’une génération à l’autre, c’est un enfant élevé par un parent le maintenant dans un fantasme de toute puissance.

Il s’agit ici d’un enfant dont tous les désirs deviennent réalité. Au final, c’est un enfant qui n’a quasiment pas connu la frustration. Il demande et il obtient. Et parfois, il n’a même pas besoin de demander car son ou ses parent(s) va/vont jusqu’à devancer ses désirs.

Typiquement, le parent pervers ne pose aucune limite à l’enfant, refuse que des tiers lui en pose, et ne supporte pas que son enfant subisse la moindre frustration.

Par ailleurs, en cas de souci, l’enfant sera systématiquement déresponsabilisé : ce n’est jamais de sa faute à lui, c’est toujours de la faute des autres.

L’autre souci, c’est que le parent en face ne joue pas son rôle de modérateur. Le parent sain n’est pas là pour poser des limites à l’enfant. Cela peut se faire de plusieurs façons, soit ce parent est naturellement peu enclin à poser des limites, soit il n’a même pas cherché à s’immiscer dans le couple fusionnel formé par le « parent pervers et l’enfant », soit il a tenté de le faire mais s’est fait systématiquement disqualifier et rabrouer par le parent pervers et a fini par baisser les bras à force de rebuffades.

Du coup, alors que dans le cadre d’une structure familiale saine, un enfant sort du délire de toute puissance autour des 5 ans, dans le contexte d’une famille dysfonctionnelle téléguidée par un parent pervers, l’enfant n’a jamais la possibilité de s’extraire de ce fantasme de toute puissance.

Il devient alors un adulte qui est resté coincé dans le syndrome de toute puissance infantile.

Alors, la perversion, innée ou acquise ?

Il me parait clair que la perversion est très largement acquise à travers l’éducation qui est prodiguée à l’enfant.

Cependant, il faut également des prédispositions propres à l’enfant. Tous les enfants ne réagissent pas de la même façon face à une éducation dysfonctionnelle prodiguée par un parent pervers.

Certains seront facilement embrigadables et aliénables, d’autres auront cette combativité intérieure, cette force qui leur permettra de ne pas sombrer dans ce schéma sombre.

D’ailleurs, s’il y a parmi mes lecteurs des enfants ou anciens enfants devenus adultes qui ont eu un parent pervers et qui ont réussi à ne pas sombrer dans ce schéma, j’aimerais vraiment prendre le temps de saluer et d’honorer ces âmes rebelles et sauvages… Des âmes combattantes qui ont su se protéger de la prédation. Bravo à vous !

Donc, pour revenir à nos moutons, il s’agit d’un mix entre de l’acquis (avec l’éducation dysfonctionnelle) et de l’inné avec des prédispositions de départ.

L’autre point que j’aimerais souligner, c’est que la perversion se transmet de génération en génération tant qu’aucun maillon de la chaîne familiale ne s’éveille et ne brise les fonctionnements et les automatismes qui ont été ancrés dans le temps.

Le problème de fond, c’est que les individus pervers sont magnétiquement attirés par des personnalités de types empathes qui ont très frontières très peu marquées. C’est à dire des individus qui se plient en quatre pour tout le monde, qui ont une tendance au sacrifice, et qui ont du mal à s’affirmer, à poser des limites et à agir pour eux-mêmes.

Or, c’est ce cocktail explosif « un parent pervers et un parent empathe avec des frontières très peu marquées » qui va permettre à la prédation de se transmettre de générations en générations.

Pour enrayer ce phénomène, il est VITAL que le parent sain se réveille, prenne conscience du pouvoir qu’il a et se transforme avec courage, afin de briser les chaînes de la perversion (si c’est ton cas, je t’encourage très vivement à découvrir la formation intensive inédite que j’ai créée sur ce sujet).

Si le parent sain parvient à se transformer, ce n’est pas seulement son ou ses enfants qu’il sauvera, mais c’est toute une lignée familiale pour toutes les générations à venir qu’il sauvera.

L’impact de la transformation du parent sain est phénoménale.

Si tu es dans ce cas-là, sache que je propose une lettre d’information spécifiquement consacrée aux parents victimes de l’embrigadement de leurs enfants par un parent pervers.

Pour t’y inscrire, il suffit de cliquer juste ici.

Et si tu souhaites t’inscrire à ma lettre d’information destinée aux victimes de pervers narcissiques (et pas spécifiquement celles qui subissent l’aliénation de leurs enfants), c’est juste en dessous que ça se passe (dans la petite boîte « Rejoins le Mouvement ») :

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2 commentaires sur “2”

  1. Je pense faire partie de ces âmes rebelles, je sais que mes sœurs sont influençables et on une sentiment de justice endormie. Je pense être différente de la masse, qui veut nous faire croire que c’est nous qui sommes anormaux. Un point qui me pose question c’est qu’il est dit que les PN ne représentent que 2 pourcent de la population, cela semble minim au vue de la façon dont cela se transmet… Merci Cosima pour votre travail si consolateur pour les victimes.

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