Environnement professionnel ou familial toxique : les 4 signes qui ne trompent pas

Les organisations toxiques peuvent prendre différentes formes. Il pourra s’agir de structures familiales nocives, d’entreprises toxiques ou d’organisations de diverses natures : politiques, associatives etc.

Quelle que soit la nature de l’organisation perverse (ex: entreprise toxique, association dysfonctionnelle etc.) elle reposera sur au moins trois des piliers suivants :

  • une information (ou une partie de l’information) qui ne circule pas
  • un niveau de contrôle et de surveillance anormalement élevé 
  • de nombreuses règles implicites qu’il est interdit d’enfreindre 
  • une attention quasiment obsessionnelle accordée à l’image 

1- Une information qui ne circule pas

Dans une structure perverse, l’information ne doit pas circuler de manière incontrôlée. L’information est calfeutrée et seul le circuit « officiel » est habilité à transmettre les informations aux différents membres. Cette information sera alors scrupuleusement filtrée par les détenteurs du pouvoir au sein de l’organisation. 

En dehors du circuit « officiel », seul le relai de cette information contrôlée est toléré, à moins qu’il s’agisse d’une information banale, sans lien avec l’organisation. Ainsi, à la machine à café, de nombreux sujets sont soigneusement évités par les membres de l’organisation, jusqu’à arriver à des situations intenables où plus personne n’ose plus rien dire et où les sujets de conversation se réduisent comme peau de chagrin à des banalités sans relief qui ne viennent pas impacter l’information « officielle ».

Dans les familles perverses, il règne une culture du secret. Plus les choses sont graves, plus le silence s’impose. Un silence lourd et opaque qui régnera le plus souvent entre différentes générations mais également au sein des mêmes générations (secret intergénérationnel & intragénérationnel).

Que cela soit dans une association, une entreprise ou une famille, gare à celui qui ose briser l’omerta en faisant circuler une information susceptible de dévoiler, même indirectement, les dysfonctionnements du système. La punition serait alors à la hauteur de l’impact de cette révélation sur le système : plus l’image de l’organisation sera écornée (ou risquera de l’être), plus sévère sera la sentence.

2- Un niveau de contrôle et de surveillance anormalement élevé 

Dans les structures perverses, différentes méthodes seront employées pour créer un climat de contrôle et de surveillance. Il y aura bien sûr les open-spaces agencés de manière à ce que tout le monde puisse surveiller le travail du collègue (même si toute structuration en open-space de traduit pas nécessairement une perversion organisationnelle). 

A côté de ça, les structures perverses vont abonder de ce que les américains nomment les « flying monkeys » : simili-soldats entièrement dévoués au service des intérêts de l’organisation. Ces individus se distinguent par une loyauté maladive à la structure perverse et seront prêts à tout pour recevoir l’approbation des détenteurs du pouvoir (d’ailleurs, n’hésite pas à lire mon article sur la loyauté). Par ailleurs, les « flying monkeys » se singularisent par une soumission totale au système. Ils ne réfléchissent pas par eux-mêmes et ne savent pas se poser en sujet, ou décide sciemment de ne pas le faire. Ils servent obséquieusement le système de manière souvent inconsciente et automatique. En ce sens, les flying monkeys pourraient s’apparenter à des automates complètement endormis, ou acceptant l’endormissement, des somnambules cependant extrêmement dangereux et nocifs. Typiquement, les flying monkeys pourront surveiller leurs collègues, rapporter tout ce qu’ils jugeront « utile » aux sphères dirigeantes et poser toutes les peaux de bananes possibles à l’encontre des individus qu’ils percevront comme une menace pour le système. Ce qui est extrêmement anxiogène avec les flying monkeys, c’est qu’ils sont potentiellement partout dans la structure perverse, et on peut arriver à un point de non-retour qui frôle la paranoïa où tout collègue pourra être perçu comme un ennemi potentiel. Dans un tel contexte, le membre éveillé aura tendance à rester sur ses gardes en continu et à fuir toute proximité vis-à-vis de ses propres collègues, car il percevra par-delà les apparences la menace planante.

Dans les familles perverses, le contrôle pourra se faire à travers des questionnements anormalement intrusifs, à travers la fouille des affaires, des poches, à travers le flicage des mails, des appels, des sms, voire même à travers la lecture de journal intime. L’emploi de « flying monkeys » sera également très fréquente dans les familles dont un ou plusieurs membre(s) se sera/seront éveillé(s). Les « flying monkeys » auront pour consigne (tacite bien sûr…), de fliquer en toute discrétion les faits et gestes de l’individu éveillé et de poursuivre l’entreprise de destruction sur lui (diffamation, pièges tendus, coups bas etc.)

Ce niveau de surveillance très élevé permettra à la structure de s’assurer que tout est « sous contrôle » et qu’aucun membre ne risque de mettre à mal les fondements de l’organisation par ses comportements, ses prises de parole et, pire, ses prises de conscience.

3- De nombreuses règles implicites qu’il est interdit d’enfreindre 

Une structure perverse se caractérise quasiment toujours par de nombreuses règles implicites qu’il est strictement interdit d’enfreindre et de questionner. Parmi ces règles implicites, il y a bien évidemment l’interdiction absolue de faire circuler l’information sur les dysfonctionnements du système. En entreprise, il pourra y avoir des règles implicites comme « on ne remet pas en question les décisions du management » ou « on ne pose pas de question sur les sujets tabous ». Dans une famille perverse, il y aura de nombreuses règles qui tourneront autour de la manière dont TOUS les membres DOIVENT percevoir les choses et les gens (par exemple : jugements à l’emporte-pièce sur d’autres membres de la famille qui ont été rejetés (souvent suite à leur prise de conscience…), interdiction de remettre en question les comportements dysfonctionnels des membres de la famille les plus toxiques, ainsi que l’obligation absolue de garder le silence sur les sujets secrets). 

Un autre point important concernant les règles tacites imposées dans ce type de structures est que ces règles sont souvent illogiques et s’opposent de manière flagrante à tout bon sens. C’est d’ailleurs pour cette raison que ces règles restent tacites, car le simple fait de les expliciter reviendrait à démontrer leur profonde absurdité. On pourra par exemple avoir des règles concernant l’exécution d’objectifs parfaitement intenables et irréalisables et s’opposant en tout point aux critères « SMART » (Specific – Measurable – Atteinable – Relevant – Timebound). Dans la même veine, on pourra avoir des reproches complètement infondés (notamment lorsque des objectifs irréalistes n’auront pas été atteints), assortis de l’injonction de ne pas les remettre en question. Dans une famille perverse, le bouc émissaire du système sera – exactement de la même façon que dans l’entreprise perverse – sommé d’exécuter des tâches intenables (et souvent non explicitées) et subira des rétorsions lorsqu’il ne les aura pas accomplies dans les temps impartis et/ou pas de la « bonne manière ». Typiquement, on pourra sommer à la victime de réaliser toutes les tâches ménagères d’une certaine façon et lui administrer brimades et réprimandes en cas de « mauvaise » exécution desdites tâches (ex : serviette « mal » pliée, petits plis sur les chemises repassées, tâche résiduelle sur le linge après la lessive etc.) 

4- Une attention quasi obsessionnelle accordée à l’image

Tout comme le pervers narcissique qui déploie des efforts colossaux pour construire et maintenir son « masque social » dans le temps, les organisations perverses accordent une attention quasiment obsessionnelle à l’image qu’elles renvoient. Car l’image, c’est ce qui permet de camoufler toute la dysfonctionnalité structurelle du système. Plus l’image renvoyée est immaculée, dépourvue de toute aspérité, moins le système sera menacé d’être mis à nu et donc moins il sera susceptible de s’effondrer sur lui-même. L’image est donc un élément clé qui permet au système de perdurer et de survivre dans le temps. L’image n’est certes qu’un cache-misère, un amoncellement de faux-semblants, une succession de clichés flamboyants aux sourires figés, mais c’est également ce qui permet au système de tenir debout. Le fond étant complètement malsain et branlant, tout repose sur la forme. Car à y regarder de plus près, une organisation perverse reste une entité extrêmement fragile. Tout repose sur une information qui n’a pas le droit de circuler, ou seulement de façon très maîtrisée, des règles tacites, la loyauté des « flying monkeys » et un contrôle continu pour s’assurer que ses différents membres restent bien endormis. Au final, il suffirait de différentes prises de conscience couplées à quelques révélations, pour que tout le système vole en éclat. C’est afin de pallier cette fragilité intrinsèque au système pervers que la forme et l’image doivent être surinvesties.

Quels sont les moyens employés par ces organisations ?

Pour imposer le maintien de ces quatre piliers, l’organisation perverse sèmera insidieusement un climat de peur voire de terreur vis-à-vis de ses membres. Comme souligné précédemment, la structure perverse est éminemment fragile. Elle ne tient debout que tant que les différents membres qui la composent restent tranquillement à leur place, sans faire de vagues et jouent strictement le rôle qui leur est implicitement alloué.

Afin de forcer ce « maintien de l’ordre » permettant à la structure perverse de ne pas imploser, plusieurs leviers de soumission pourront être utilisés. En entreprise, ce sera la menace planante du licenciement, de la placardisation, du gel du salaire. Dans une famille perverse, les leviers de soumission tourneront autour du rejet, de la mise à l’écart et de la culpabilisation du membre qui osera enfreindre les règles implicites de la structure familiale. Tant que les règles implicites de l’organisation n’auront pas été bafouées par le membre éveillé, tous ces leviers de soumission ne seront que des menaces planantes. Par contre, dès qu’une règle implicite aura été piétinée, alors le groupe fera corps autour du membre rebelle pour le punir et l’anéantir. Le harcèlement et la campagne de dénigrement seront alors très largement adoptés par tous les membres complices ou simplement « endormis » de la structure perverse. Le but ? Permettre à la structure de ne pas être mise à nue et de ne pas voler en éclats. 

Quelles sont les conséquences d’une telle structure ?

Pour un individu de type empathe, ces structures toxiques peuvent vite devenir un supplice. Ces individus très sensibles aux énergies peuvent se sentir complètement vidés au contact d’une telle organisation et même finir en burnout sans qu’il n’y ait de cause racine visible évidente. Par exemple, l’individu de type empathe percevra un malaise face aux « flying monkeys », par-delà les mots et les sourires Colgate affichés par ces derniers. Cela génèrera en eux une sensation de suffocation très énergétivore car ils capteront de manière purement intuitive les dissonances du système sans être pourtant capables de le « prouver » de manière rationnelle. Il y aura donc un conflit interne entre ce qui est perçu par les sens (image de façade immaculée, sourire Colgate, embrassades etc.) et ce qui est perçu par les tréfonds de l’âme.

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